Poésie proposée par Florent.

Je ne peux plus attendre que nous ne puissions plus attendre

Je ne peux plus attendre… j’ai aimé voir les choses se répandre, s’étaler, s’écouler lentement dans le temps de ce qui n’a plus lieu, mais.. je ne peux plus attendre… il semble d’ailleurs que l’on m’attende… je ne peux plus attendre… je ne peux plus m’attendre
Il faut dire dire encore que dire et dire à nouveau ce que dire et dire alors
Dire qu’alors ce qui sera dit d’un dit cesser de déchirer éventrer pour coudre et sortir de la place qui face de ce soit et d’avant non pour que oui dites encore et dites sans cesse dites à nouveau nous sommes ce que vous voulez dire nous sommes ce que vous voulez entendre
Il nous faut enfin lever la tête de ceux qui la baisse, que l’humiliation prenne fin et que le pouvoir change de main, nous
Non je ne peux plus attendre… je t’ai attendu à cet angle de gare, sur ce morceaux de quai, je t’ai attendu à la table d’un café, sur une place animée, je t’ai attendu à la sortie d’un film, d’une pièce ou d’un pas, je t’ai attendu dans ton sourire, ta main tendu, mais je te demande maintenant de me suivre
Je sais pourquoi je ne veux plus ne peux plus ne veux plus attendre non d’attendre je suis las je de l’avant je vers je vers toi et vers nous
Je veux que quelque chose s’ouvre sous mes pieds, que le monde s’efface et que le vertige me prenne, je veux mourir d’avoir joui, d’avoir voulu, d’avoir désirer tant et tellement
Je ne sais plus je ne sais plus je ne sais plus savoir non je ne veux plus de nouveau dire que je ne sais plus je ne sais plus et à nouveau que tout ceci me dépasse
Je ne peux plus je ne plus je ne peux plus attendre
Il est en train d’arriver d’arriver que mon désir que mon désir vous embrasse qu’il vous réclame et vous supplie
Et alors je me demande où nous sommes nous ce que nous pouvons et d’alors ce qui vers et quoi qui etes vous je me demande mais je m’adresse et d’en celui qui ce qui je me demande quoi
Je ne sais pas ce qui vers de ce qui vers quoi ce qui vers me devance qui me va mais ce qui ce vers quoi et je veux juste juste à tout prix et dis moi toi dis moi ce qui à côté de toi ce qui vers et nous allons
O j’aimerais ce que j’aimerais ce que vous ce que vous nous dites ce qui maintenant est à est à dire ce que vous nous dites
Je ne peux plus attendre que je que je ne peux que nous je ne peux plus attendre que nous ne puissions plus attendre
Nous voulons où nous voulons ce qui est dans et ce qui va
Alors ce qui de vous nous est vous nous sommes
Et de tous ceux que nous si nous serons sommes car vers nous oui oui et encore
Nous voulons marcher marcher marcher encore marcher jusqu’à l’épuisement marcher jusqu’à nouveau ce qui tire au-delà, dévaste et transporte
Nous nous nous nous sommes nous ce qui nous sommes et là ce qui vers car nous sommes un monde nouveau et ce monde est nos mains nos pieds parcouru d’un désir qui appelle et la terre mettra le monde à genoux
Car nous voulons
Nous voulons des voix qui hurlent dans le noir et que d’autres voix entendent
Nous voulons ce qui se crée, ce qui se décide, ce qui se sépare et rassemble nous voulons ce qui balaie ce qui dévaste et empli ce qui des murs fait des barricades des barricades des murs nouveaux où nous sentir au chaud, où abriter nos visions et déployer nos libertés
Nous voulons des corps choisis où blottir nos nuits raclant un désespoir qui n’a de lendemain que la joie la joie d’avoir choisi et de faire enfin, partie
Nous voulons tout et nous le voulons maintenant car nous n’avons plus rien à perdre nous voulons tout perdre pour être à nouveau être encore être plus que nous sommes nous car nous nous nous tout maintenant
Nous démonterons nos petites mécaniques pour remonter tous ensemble
Nous piétinerons car nous sommes piétinés
Nous dévasterons car nous sommes dévastés et dans ce nouvel espace nous coulerons la lave de nos désirs
Nous ne sommes pas prêts à lâcher car notre indignation n’a d’équivalent que notre désir
Nous sommes inhabitable et tangent, nous voulons devenir perpendiculaire et vecteurs de nouvelles translations
Nous avons nos pieds, c’est tout ce qu’il nous reste, que nous voulons mettre en marche pour arpenter, accompagner et épuiser, nos mains, c’est tout ce qu’il nous reste, que nous voulons mettre à l’ouvrage pour déchirer, assembler et coudre, pour serrer, s’armer et lancer, pour soutenir, pousser et tirer
Nous voulons dire et dire encore que nous ne croyons plus en tout cela, que nous sommes le peuple en marche et en colère, que nous sommes le peuple plein de désir
Nous ne voulons plus voter, nous voulons réfléchir, partager et décider, nous voulons échanger et apprendre, nous voulons vous nous voulons nous, tous, ensemble
Nous voulons reprendre le contrôle sur nos corps et nos esprits, les donner à tous et ensemble les forger
Nous voulons, nous d’habitude si silencieux, parler, parler à n’en plus pouvoir, parler jusqu’à en mourir, parler jusqu’à trouver ce que de quoi nous nous pouvons parler et parler encore
Nous voulons vouloir et vouloir tant que vouloir être voulant, vouloir à tout prix et de partout vouloir tous ensemble et vouloir maintenant

Florent Draux

Publié sur laviemanisfeste.com

Date de diffusion : le 02/06/2011 à 13:15
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